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Un tour du monde, ça vous dit ?

23 Juin

Salut à toi !

Grâce à notre questionnaire nous est venue une idée (enfin l’idée était dans l’une des réponses) : on s’est dit que ça pourrait être sympathique de faire un tour du monde, non pas seulement des différentes pratiques sexuelles, si tant est qu’il y en ait, mais des différentes associations, bars, prides, etc., LGBT(AIQ). Je rappelle : LGBTAIQ, c’est Lesbienne Gay Bi Trans* Asexué Intersexe et Queer.
En gros, ce que nous aimerions faire, c’est vous laisser la parole, pour nous parler de ce qui se fait dans votre pays (et dans votre ville, bien sûr).

La team Boobizz étant française, on cherche des personnes qui accepteraient de nous parler de tout ça, que ce soit des différentes pratiques sexuelles ou de tout ce qui se fait au niveau LBGTAIQ friendly, et qui vivent dans n’importe quel autre pays. De préférence, des personnes qui connaissent personnellement ces choses-là, parce que, exemple, si c’est juste pour nous dire que dans tel pays il existe une Gay Pride tel jour, c’est toujours ça comme information, mais on aimerait bien un regard depuis l’intérieur et plus qu’une simple énumération. On veut savoir ce qu’il s’y passe un peu ! (Même si ça ne pourra jamais être exhaustif, on le sait bien.)

Si vous être intéressés, n’hésitez pas à nous contacter, soit en commentaire de cet article, soit directement en mail à nina.boobizz@gmail.com Je précise également que votre témoignage pourra, si vous le souhaitez, être totalement anonyme, on n’est pas là pour vous outer ni vous afficher publiquement !

Pour ce qui est de la forme, je pensais rédiger un article par pays (si on réussit à trouver des correspondants étrangers, comme au JT). Parce qu’un seul gros article, ça risque de noyer tout le monde, et de gaver aussi, et puis de prendre 150 ans à faire.

Alors, ça vous dit ? Une sorte de quelles sont les villes/les pays les plus LGBT friendly ? Si ça vous laisse de marbre, on ne le fera pas, parce que ça risque de prendre pas mal de temps de trouver les personnes, la rédaction, etc. Si ça ne vous intéresse pas, dites-le nous aussi !

Et dans tous les cas, vous pouvez toujours nous aider en répondant à deux petites questions ici. Merci !

Des bises.
Nina

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Polyamour = moins de souffrance ?

20 Juin

Il y a quelques années, je découvrais pour la première fois la rupture… qui ne venait pas de moi, pour une fois. Bon, j’avoue, ça fait mal. Mais on s’en remet, personnellement en 48h j’avais déjà tourné la page, et maintenant, ce n’est qu’un vague mauvais souvenir.

Mais voilà, il y a quelques minutes, je lisais un article sur le polyamour et je suis tombée sur un commentaire : « bien sûr que le polyamour, c’est pour moins souffrir ! ».

J’ignore si je suis polyamoureuse. Beaucoup de signes montrent que potentiellement, oui. J’ai une vision libre des relations, je n’ai aucun problème à avoir une relation « primaire », comme ils disent sur les sites super géniaux psycho machin truc spécialistes et tout, et d’autres secondaires, avec ou sans sexe. Je n’aurai aucun mal à m’habituer à ce que l’autre fasse de même de son côté, à condition que ma personne soit un minimum respectée, et ça rentre dans les clous de la définition de base. Respect, honnêteté. Je ne suis pas « infidèle », puisque je reste honnête et franche avec l’autre. Bref, a priori je suis polyamoureuse, mais je ne me définis pas (encore) comme telle. En outre, je suis bisexuelle, mais ça, je ne le dis à personne (ou presque, et surtout des hommes, des amis dont je connais déjà l’avis très tolérant voire je m’en foutiste sur le sujet). Ma première tentative de coming- out n’ayant pas eu le succès escompté, mais on en reparle plus tard, hein ? Enfin bon.

Du coup, je me demandais si je souffrais moins, en tant que bisexuelle potentiellement polyamoureuse. Et bah non. Je viens de passer des mois à me dire que non, ça ne me dérange pas tant que ça de ne pas avoir une certaine personne dans mon entourage proche (comprenez ce que vous voulez) malgré mon non-célibat. Je n’ai qu’une envie, c’est de trouver un moyen d’avoir les deux personnes concernées dans la même ville, et de pouvoir les voir tous les deux. Le polyamour, si tel est le nom de ce foutu sentiment schizophrène à la limite du dédoublement de personnalité, est loin d’être de tout repos.

Je ne cherche pas à fuir le choix, je ne sais tout simplement pas faire autre chose qu’être séduite par un(e) humain(e) génial(e). Et j’en suis désolée. J’essaie de ne pas regarder ailleurs, mais mon esprit se fixe sur deux personnes, voire trois, systématiquement. Comme si je ne pouvais pas me sentir bien sans avoir trois types de relations différentes, trois types de personnes différentes, trois, pour être plus complète en tant qu’une. Parce-que chaque relation est unique, chaque humain est unique, et je peux choisir, mais je ne peux pas ignorer ce que je ressens.

Sur ce, je m’en vais ronger ma frustration.
Si vous avez des conseils, des claques, des mouchoirs, je suis preneuse…

(Vous pouvez également lire ou relire ces articles : La jalousie, ou comment se restreindre à une seule personne , Avant j’étais stable ainsi que l’interview de Didier Garguilo ! )

[Interviews] L’avortement

18 Juin

Bonjour !
Aujourd’hui, nous revenons sur un sujet légèrement abordé ici, mais cette fois sous forme d’interviews ! L’avortement. (Tous les encarts proviennent du site gouvernemental de l’IVG.)
Nous remercions Calliope et Alice qui ont accepté de répondre à toutes nos questions ! Leurs témoignages n’ont pas été modifiés, les précisions que nous (Team Boobizz) voulions ajouter le sont en fin d’article et sont signalées dans les témoignages par des (1) (2) etc.

En France, l’avortement est légal depuis la loi Veil de 1975. La loi promulguée le 04 juillet 2001 a amélioré l’accès à ce droit.
La méthode chirurgicale est possible jusqu'à la 12ème semaine de grossesse. Le contenu de l'utérus est aspiré sous anesthésie locale ou générale. L'intervention a généralement lieu dans la journée.
La méthode médicamenteuse peut être réalisée jusqu'à la 5ème semaine de grossesse sans hospitalisation et jusqu'à la 7ème semaine de grossesse avec quelques heures d'hospitalisation.
Nul ne peut obliger une femme à interrompre une grossesse (code de la santé publique article L2222-1)
Nul ne peut obliger une femme à poursuivre une grossesse (délit d’entrave loi n°93-121 du 27/01/1993 dite "loi Neiertz")
L’IVG chirurgicale est remboursée par l’Assurance Maladie à 100 % sur la base d’un tarif forfaitaire variable (de 437,03 euros à 644,71 euros)
L’IVG médicamenteuse en établissement de santé (hôpital, clinique) est remboursée par l’Assurance Maladie à 100 % sur la base d’un tarif forfaitaire fixé à 257,91 euros.
L’IVG médicamenteuse en médecine de ville (cabinet médical, centre de santé, centre de planification et d’éducation familiale) est remboursée par l’Assurance Maladie à 100 % sur la base d’un tarif forfaitaire fixé à 191,74 euros.

 Témoignage n*1 : Alice :

Comment ça s’est passé ?
J’avais 20 ans, ma situation familiale était compliquée, j’habitais chez ma belle-famille, mes parents divorçaient, j’ai du arrêter mes études en alternance. En résumé ma situation était très instable à cette époque.
Première démarche une visite auprès d’un médecin généraliste. Celle-ci a essayé de me convaincre de garder l’enfant, pour elle le fait de boire de l’alcool, de fumer (de tout) régulièrement, d’avoir une situation instable, ce n’était pas rédhibitoire. De mon coté il était hors de question, pour la santé de cet enfant, pour son éducation, il était inconcevable d’en avoir un maintenant.
Deuxième démarche (d’après mes souvenirs) visite au planning familial. Même topo, même blabla. J’ai eu droit à un examen gynécologique. La gynéco a voulu me faire une échographie mais le fœtus (1) était trop petit, c’était impossible de voir quoique ce soit.
Troisième RDV, centre de radiologie. L’examen est très éprouvant psychologiquement. L’appareil est interne (en forme de sextoy), la personne l’introduit sans ménagement et là elle voit le fœtus(1). Une question me taraude : Je regarde ou je ne regarde pas le moniteur ? Vas-je regretter de ne pas l’avoir fait ?  J’hésite longuement, je me lance, je regarde. J’ai vu le cœur battre, le mien s’est arrêté. Je repars en pleurs.
Quatrième démarche, retour au planning familiale avec les résultats : verdict j’étais à 10 semaines, le délais légal français est de 12. Il est temps de prendre les choses en main. Après une énième réponse à la question : Vous-êtes sûre de votre décision ? Je me lance RDV dans 4 jours à l’hôpital. La procédure utilisée sera l’aspiration (la méthode médicamenteuse n’est plus possible).
La veille de l’intervention, on me demande d’insérer un médicament dans le vagin pour aider à la dilatation. J’arrive dans la chambre, une jeune fille est présente pour la même intervention. On se raconte nos histoires. Une envie pressante se fait sentir, je vais aux toilettes et là je vois que je perds beaucoup de sang mais pas que. Ça ressemble à des pertes de règles x10, la douleur est la même. Je m’aperçois que évacuation totale est en train de se faire. C’est mon tour, anesthésie générale, l’intervention se déroule rapidement car « il n’y avait plus grand chose ». Le réveil est brutal, une femme d’une quarantaine d’années pleure à coté de moi, on se soutiens à demi mot.
Il s’est passé 3 semaines entre le moment où je sais que je suis enceinte et l’IVG soit à 11 semaines.

Comment as-tu réagis en apprenant ta grossesse ? Est-ce que tu en as parlé à ton copain ? à tes parents ?
Habitant avec mon copain chez sa mère qui était aide soignante, le dialogue avec elle s’est vite créé, elle m’a accompagnée tout au long des démarches car j’étais vraiment perdue. Je la remercie pour sa patience.
Avec mon copain, ça ne se passait plus très bien, j’étais au chômage, lui en alternance (nous avions 1 an d’écart), il n’y avait plus de dialogue. L’intervention a de toute manière signé la fin de notre relation. Il était très distant, ne s’impliquais pas dans les démarches. Avec le recul, je pense qu’il était au regret qu’on prenne cette décision, il aurait aimé le garder.
Mon père l’a su « grâce » à sa mutuelle mais ne m’en a jamais parlé directement, c’est hors de son domaine de compétence la compréhension, l’empathie ….
Je l’ai dis à ma mère plus de 6 mois plus tard, elle était désolé pour moi et aurait été présente si je lui en avait touché deux mots.

Comment te sens tu quand tu y repenses aujourd’hui ? 
Je n’ai jamais regretté ma décision, j’ai aujourd’hui 28 ans. J’ai mis 1 an 1/2 à jeter l’échographie. Néanmoins chaque année, à la période de l’IVG et la période où j’aurais du accoucher, je ressens un vide, un manque, c’est la grosse déprime. Comme si mon corps me rappelait la présence de cet enfant et le chamboulement que ça a fait et aurait pu faire dans ma vie.
Je parle assez facilement de mon expérience à mon entourage proche et c’est pour cela que je souhaitais la partager. Si cela peut aider d’autres femmes ou à se rendre compte de l’impact de cette démarche dans la vie d’un couple ou d’une femme.(2)
L’IVG a été, pour mon cas, un confort. J’avais le choix entre vivre avec un enfant qui potentiellement aurait pu avoir des problèmes de santé (au vue de ma vie très festive à cette époque), avoir des parents séparés ou avoir la chance de reprendre ma vie en main et faire dans l’ordre des choses.
Je ne visite aucun site pro vie ou anti-ivg, je peux en voir assez à la télévision. Je conçois totalement le fait que cette action entraîne la mort d’un être humain (3) et que cela peut choquer cependant je préfère être sure d’accueillir cet enfant dans de bonnes conditions et qu’il puisse jouir de la vie correctement.
Aujourd’hui, je suis en couple, nous n’avons pas d’enfant mais nous y réfléchissons sérieusement, peut être pour la fin de l’année qui sais ?

 

Témoignage n*2 : Calliope :

La première fois, j’avais 20 ans. C’était en 98. J’étais en couple depuis très peu de temps (avec le père de mes enfants d’ailleurs), quand je suis tombée enceinte. J’allais me faire prescrire une pilule, le gynéco m’avait fait une ordonnance pour un test de grossesse et une écho au cas où, avant de débuter la pilule…
Quand j’ai reçu le résultat de la prise de sang, au départ je n’y ai pas cru. J’ai même rappelé le labo pour vérifier si ça voulait bien dire que j’étais enceinte! ^^
Après, c’est allé assez vite. Trois jours plus tard, je passais une écho de datation. La grossesse était très jeune.
J’ai pris les pages jaunes pour appeler tous les hôpitaux de l’est Parisien et trouver une consult ivg. Et j’ai eu un rendez vous suffisamment rapidement pour bénéficier de la méthode médicamenteuse
Les professionnels ont été très pro et très bien… Le seul bémol c’était la conseillère familiale qui a tenu un discours plus moralisateur et juste hors de propos.
Pendant le délai des sept jours, j’ai informé mon compagnon. C’était une décision qui m’appartenait, je lui ai juste dit pour le tenir au courant mais sans lui demander son avis. Il a toujours été ok avec ça…
J’ai dû informer aussi ma mère il me semble… pour bénéficier de sa prise en charge mutuelle. J’étais étudiante, j’avais ma sécu je crois, mais j’étais encore sur la mutuelle de ma mère. Étrangement, ça a donné lieu à une conversation où elle m’a « avoué » qu’elle avait aussi fait une ivg étant jeune… à l’époque, en Angleterre…
Au bout de la semaine de réflexion, je suis retournée à Tenon confirmer ma décision et prendre les premiers comprimés qui arrêtent la grossesse.
J’avais aussi trouvé un généraliste qui m’a arrêté trois jours, vu que j’étais en stage. Je suis arrivée dans son cabinet en disant « j’ai besoin d’un arrêt de travail pour faire mon ivg » et j’ai expliqué ma situation… Je suis tombée sur quelqu’un de très compréhensif, pas du tout dans le jugement…
Normalement, la fausse couche se déclenche quand on prend le reste des comprimés, 48h après les premiers. Moi, y’a pas eu besoin… J’ai commencé à saigner assez abondamment dans le métro. Je suis rentrée chez moi et j’ai fini ma fausse couche sur les toilettes. C’est assez impressionnant, mine de rien… la quantité de sang et de caillots que l’on perd. J’étais seule, mais je n’ai pas eu de souci,  pas de malaise, rien…
La douleur, honnêtement, je ne m’en souviens pas vraiment. Mal un peu, comme de bonnes règles, mais ce n’est pas un endroit dont je suis très sensible…
Le lendemain, j’avais rendez-vous à l’hôpital pour prendre la suite des comprimés, ceux qui normalement déclenchent les contractions et l’expulsion du foetus (1)… Évidemment, j’avais déjà tout perdu et je suis repartie 4h après comme j’étais venue…
Aujourd’hui, 17 ans après, aucun regret de l’ivg en elle-même. A posteriori, je trouve par contre un peu violent le déroulé des événements, cette fausse couche « surprise » entre les deux rendez vous, un peu le sentiment de pas avoir été trop prévenue que ça pouvait se passer comme ça… d’avoir été un peu seule. Après, dans ces situations là, il y a aussi souvent des choses que on n’entend pas, on est un peu hermétique…

La deuxième ivg, c’était donc il y a un an. Je retombe enceinte, toujours de mon mari… L’histoire se répète. J’allais voir ma sage femme pour me faire prescrire un stérilet, elle me fait une ordonnance pour une prise de sang au cas où… J’avais un peu de retard, mais quand j’ai vu le résultat de la prise de sang, j’ai eu un peu de mal à y croire. Dans ma tête, la décision était déjà prise alors l’après midi même, j’avais déjà tous mes rendez-vous, médecin généraliste pour faire la première déclaration d’intention d’ivg et avoir une ordonnance pour une écho de datation, rendez-vous pour l’écho et rendez-vous à la consultation d’orthogénie de l’hôpital pour la deuxième visite de confirmation…
Là, par contre, la grossesse était plus avancée, donc avec les délais de rendez-vous, c’était trop court pour la méthode médicamenteuse. J’aurais préféré malgré tout, parce que gérer une hospitalisation, même une hospitalisation de jour, pour une ivg sous anesthésie générale, c’est un peu compliqué quand tu as trois gosses…
Les différents rendez-vous se sont bien passés, des professionnels très bien, hormis cette sempiternelle conseillère familiale qui demande toujours « pourquoi êtes vous tombée enceinte? ». Déjà chercher à savoir la cause, c’est être dans le jugement… parce que si on n’a pas une « bonne » raison, on se sent mine de rien coupable.
C’est normal, elles sont censées faire de la prévention, éviter que cela ne se reproduise, parce que ce n’est jamais anodin… mais c’est quand même lourd à entendre.
Évidemment, là encore, j’ai mis mon mari au courant. C’était un peu plus compliqué pour lui que la première fois, parce qu’on en avait déjà parlé de ce quatrième enfant… mais il a respecté MA décision et avec un peu de temps, il a fini par y adhérer complètement.
Cette fois là, les délais ont été plus longs, pour cause de créneaux de bloc opératoire un peu surchargés pour les ivg. Du coup, ça s’est fait, j’étais quasiment à la limite du délai légal… Un peu stressant d’être à la merci d’un aléa de dernière minute… Et un peu compliqué de poursuivre une grossesse avec les nausées, la fatigue… en sachant qu’on va interrompre tout ça et en essayant de cacher les symptômes en attendant. Deux mois et demi, c’est « tard » pour interrompre une grossesse dans la mesure où ça commence déjà à se voir un peu (chez moi, ça va vite et au bout de la sixième grossesse, encore plus). Et puis c’est la période où normalement, on fait la première échographie… mine de rien, on y pense.
L’intervention s’est faite en hospitalisation de jour. Rentrée à 7h30 le matin, passage au bloc en fin de matinée, sortie en milieu d’après midi en pleine forme. Le soir même, j’étais à la fête de fin d’année de l’école de mes enfants… Aucune douleur, peu de saignements par rapport à la première fois…
Niveau prise en charge, aucun souci. Etant assurée sécu, je n’ai rien déboursé.
Aujourd’hui, un an après, pas de regrets non plus. J’ai eu affaire, surtout au moment de l’hospitalisation et de l’intervention, à un personnel très accueillant et très humain…
Ce que je regrette davantage, c’est le délai pour la prise en charge au bloc. Traîner avec une grossesse que l’on va interrompre, ce n’est pas très confortable. On aimerait que ce soit plus rapide mais on est tributaire de l’encombrement des blocs et aussi du manque de gynéco qui pratiquent des ivg…

Au final, je dois avouer que ça s’est toujours bien passé pour moi. J’ai pas eu affaire à des gens désagréables ou jugeants. Même encore aujourd’hui, lorsqu’on me demande mes antécédents médicaux, je n’ai aucun problème à le dire et je n’ai jamais rencontré de réactions négatives…
Je crois surtout que quand on a une intention d’ivg, même si on ne va pas jusqu’au bout, il ne faut pas hésiter à anticiper, à prendre des rendez vous en avance, quitte à annuler, pour ne pas se retrouver coincée par les délais. Parce que, pour peu qu’on l’apprenne un peu tard, le temps passe vite… Prendre un rendez-vous, ça n’a rien d’irrémédiable, tant qu’on n’est pas sur la table du bloc, on peut toujours changer d’avis…
Il ne faut pas hésiter à décrocher son téléphone et à se renseigner tout de suite, appeler le planning familial, l’hôpital… qui vont aiguiller sur les bons professionnels, la bonne consultation…

En ce qui concerne les anti ivg, c’est pas quelque chose que je connais bien. Mais pour ce que j’en sais, ça me navre. En plus d’être plein de bêtise et d’idées passéistes, ces gens là sont malhonnêtes et manipulateurs. Ils jouent sur la désinformation et la corde sensible à coup d’images choc et trompeuses…

(1) (qui correspond aux trois mentions du terme « foetus ») : Il ne s’agit pas d’un foetus mais d’un embryon. (Def. wikipedia « Chez les animaux vivipares, le fœtus est le stade du développement prénatal qui succède à l’embryon et aboutit à la naissance. Le passage du stade « embryon » au stade « fœtus » a lieu lorsque les principaux organes et tissus sont formés. »)
(2) : Nous ne pensons pas que l’avortement soit quelque chose de difficile ou forcément impactant dans la vie d’une femme. C’est une intervention anodine, banale et commune chez les médecins/gynécologues. Bien entendu, le ressenti de chacun diffère, comme pour toute intervention.
(3) : un embryon n’est pas un être humain mais un amas de cellule. 

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à visiter le site du planning familial ainsi que le site du gouvernement avec toutes les infos, parce qu’il y a beaucoup de n’importe quoi sur internet et même dans les centres d’appel sur l’IVG : 

www.planning-familial.org ; www.sante.gouv.fr/ivg et un dossier-guide de l’IVG

 

manifeste ivg loi veil

Encore un problème de génération…

6 Juin

Je peux oser prétendre m’y connaître en matière de pilule contraceptive : depuis mes 14 ou 15 ans, je suis en effet obligée de la prendre. Obligée, oui, sous peine de n’avoir strictement aucune régularité dans mes règles. Si vous souriez, que vous soyez homme ou femme, essayez d’imaginer l’enfer que c’est de ne jamais savoir quand vous allez devoir vous précipiter aux toilettes ou dans la salle de bain la plus proche pour éviter à vos vêtements d’être tâchés de sang, et ce, à vie. Vous risquez de moins rire après avoir expérimenté la chose, croyez-moi. Obligée, aussi, sous peine d’avoir de très fortes migraines me clouant littéralement au lit, dans le noir complet, sans pouvoir bouger ni manger et avec une nausée telle que même de l’eau ne vous fait plus envie. Certain(e)s d’entre vous me diront : « et les médicaments contre les migraines, tu y as pensé ? ». Evidemment, oui. J’ai testé les moins dosés, en fait, et je m’endors dans les 5mn après la prise du comprimé, c’est presque pire que la migraine elle-même (que je peux essayer de combattre vaillamment une paire d’heures, voire plus, selon mon énergie et la luminosité ainsi que le bruit ambiant). Donc la pilule m’est tout simplement imposée par mon profil hormonal. Je vous passerai les détails sur la régulation du flux de mes règles grâce à la prise de ladite pilule, ainsi que la disparition presque totale des maux de ventre… Pour moi, la pilule contraceptive est une bénédiction (petit clin d’œil à ce cher François et sa bande de crétins extrémistes… chrétiens, pardon, ma langue a fourché).

Mais voilà, il y a deux ans survenait un scandale, souvenez-vous : la fameuse pilule « Diane 35 » défrayait la chronique avec ses risques cardiovasculaires d’une gravité sans pareille, notamment (car il n’y avait pas que cet unique problème malheureusement). Je ne reviendrai pas sur ces faits-là, d’une extrême importance, cela va sans dire. Les médecins qui prescrivaient Diane 35 sans rien vérifier ni assurer le bon suivi, les effets indésirables cachés par le laboratoire, et les prescriptions abusives et de plus en plus précoces… Non, le grabuge autour de cette pilule était largement justifié. Mon problème est très différent, puisqu’il concerne les pilules non pas de 4ème génération, comme on les appelle (Diane 35 en est une), mais de 3ème génération.
Je prenais en effet Varnoline Continu, à l’époque. Pilule 3ème génération, c’était ma quatrième. Ou troisième, je ne sais plus trop maintenant… Avant elle, j’avais testé DailyGé (en premier), entre autres. Je suis désolée de devoir vous avouer que ma mémoire me joue des tours pour me souvenir de toutes les pilules que j’ai dû essayer. Lorsque le scandale des pilules contraceptives éclata, on demanda à tous les médecins de revenir illico prestissimo à des pilules de 2ème génération sous peine de se faire transpercer par un éclair furieux du meilleur pote d’Hippocrate, Zeus. Mon médecin traitant, qui est excellente je le précise, et me suivait à l’époque depuis deux ans, a donc obtempéré (bien que perplexe quant à cette affaire) et j’ai dû arrêter de prendre cette pilule. Pour mon bien, parait-il. Certes. Il n’empêche que deux ans plus tard, je viens de retrouver cette chère Varnoline Continu (non remboursée, 27€ la boîte de trois plaquettes, merci la Sécu). Pourquoi, me direz-vous ? Pourquoi, ô Grand Diable! vouloir revenir à cette ignoble pilule 3ème génération pourtant si dangereuse pour ma pauvre et chétive santé ?
Alors tout d’abord, permettez-moi de vous rappeler une base : dès qu’on joue avec les hormones, dès qu’on joue avec l’ordre naturel de notre biologie humaine (non, les fachos du fond, là, je ne parle pas de cet ordre-là, bande d’imbéciles ignares !), c’est forcément « dangereux ». Logique. On dérègle la sainte horloge réglée sur le fuseau horaire du complexe hypothalamus-hypophysaire. On augmente donc forcément notre risque cancérigène, par exemple. Surtout si l’on boit, fume, se drogue, et que l’on passe son temps à se faire griller les cellules dermiques sous un soleil brûlant en été. Mais en fait, ça, c’est un peu la base de toute notre vie humaine : plus on vit sainement, moins on a de risque (enfin, en théorie). Il n’est donc pas extrêmement périlleux pour moi de recommencer à prendre une pilule 3ème génération. Oui, je vis sainement, je mange très peu de gras, principalement de l’huile d’olive, je ne fume pas, je ne bois pas, je ne me drogue pas, je diminue au maximum ma consommation de sucre et de sel, et j’augmente au maximum ma dose quotidienne de fruits et légumes, en m’offrant autant de chocolat noir que nécessaire au passage. J’ai des risques génétiques cardiovasculaires, mais pour l’instant, tous les voyants sont au vert. Alors, je vous le demande… Pourquoi, au nom de tous les serments d’Hippocrate pris ces 50 dernières années, pourquoi devrais-je me priver d’une des seules pilules que mon corps supporte et accepte ?

Car oui, l’équation n’est pas terminée, dans ce coup de gueule passager et strictement hormonal (c’est bien connu que les femmes sont hystériques et ne réagissent qu’aux poussées hormonales, n’est-ce pas ?). J’ai testé entre temps Minidril (migraines plus fortes que d’habitude, maux de ventre accentués, règles plus abondantes que la normale), Leeloo (triplement de mon taux de cholestérol, essoufflement anormal, cheveux gras), et la toute dernière, Cérasette (surnom affectif « Cézarette »). Celle-là, ça a été un sacré feu d’artifice en matière d’effets secondaires indésirables : cheveux ultra gras avec chutes anormales, peau grasse et sèche et mixte et je ne sais plus trop finalement, maux de ventre, règles continues qui se déclenchent toutes les 48h avec des spasmes, maux de tête, migraines, irritabilité, et sans oublier les tremblements pour un rien, ainsi que les bouffées de chaleur. Oh, et les envies de pleurer complètement incompréhensibles et aléatoires. Et une fatigue telle que j’ai cru être retombée en hypothyroïdie (les hormones défectueuses, ça me connaît !). Pourquoi avoir passé deux ans de ma vie à tester trois pilules, rester quatre mois sans contraception (et donc avec des règles « à l’ancienne », avec tout ce que ça implique, cf. le premier paragraphe), faire trois prises de sang, tout ça pour revenir au final à la pilule qui me convenait le mieux, une 3ème génération ? Je vous le demande !

On a diabolisé à merveille ces pauvres petites pilules qui n’avaient rien demandé à personne, tout ça parce qu’il y avait eu quelques erreurs… Je ne minimise pas ces erreurs ni leur importance, non. Je suis juste sidérée par l’impact que ça a eu sur la vie des femmes. J’en suis un exemple. Car aligner successivement trois pilules qui vous foutent en l’air les hormones, je peux vous assurer que c’est bien pire que de prendre tout bêtement une pilule 3ème génération qui vous convient et dont vous n’avez pas à vous plaindre.

Donc qu’on ne me parle plus jamais des méfaits hautement dangereux des pilules de 3ème génération (ou même de 4ème génération), et du péril dans lequel je me laisse tomber en choisissant de prendre Varnoline Continu. Toutes les pilules (de la première à la dernière génération) sont potentiellement dangereuses pour toute personne dite « à risque ». Tout médicament, quel qu’il soit, en fait, devient dangereux dès lors qu’il est utilisé sans l’avis d’un médecin, sans diagnostic correctement établi au préalable, et/ou sans l’avis de spécialistes de la santé (pharmaciens inclus, oui, ils sont très compétents en la matière, au cas où vous en doutiez… comme les sages-femmes pour les femmes enceintes, en fait). Mais dès qu’il est utilisé dans les règles de l’art, comme on dit, tout se passe bien, et il n’y a aucune raison de s’inquiéter ni même de froncer les sourcils.

Sur ce, je vous rappelle un autre élément « basique » de la sexualité : une pilule contraceptive ne vous protège aucunement contre les MST et le SIDA. Sortez couverts, donc.

Men are sexual microwaves…

30 Mai

L’avantage de Twitter, c’est qu’on y trouve de tout, et surtout du n’importe quoi, quand on « follow » plus de 200 personnes environ. J’en suis à un modeste 1300, donc imaginez ce que je peux trouver sur mon « feed », de temps en temps !
J’ai décidé de dédier quelques minutes de mes révisions à Boobiz afin de vous éclairer sur un article particulièrement intéressant concernant l’éducation sexuelle aux USA. Il a attiré mon attention grâce au titre que j’ai d’ailleurs repris pour cet article : « Men are sexual microwaves ». Les hommes sont des micro-ondes sexuels. On se passe de commentaire…

Le but de cet article d’une certaine Anna Pulley, paru sur Salon.com le 21 avril 2014, est tout simplement d’expliquer aux citoyens états-uniens ce qu’on enseigne (avec leurs impôts) à leurs adorables bambins. En éducation sexuelle, comme je l’ai dit plus haut (même si la géographie est aussi très amusante là-bas).

Je suis gentille et j’aime perdre mon temps la veille de ma première journée de partiels, donc je vous le résume rapidement.

Pour une enseignante du Mississipi, par exemple, il est tout à fait judicieux de comparer une jeune fille à un « Peppermint Pattie », c’est-à-dire une sorte d’Aftereight, qu’elle fait passer à toute la classe. Et oui, on n’a pas envie de manger le chocolat une fois qu’il est passé entre toutes ces mains sales, n’est-ce pas ? Leçon du jour : il faut se laver les mains avant de toucher à de la nourriture ! Non, en fait, dixit l’enseignante : une jeune fille ayant eu des rapports sexuels (sous-entendu avant le mariage, donc, ou avant l’âge adulte qui est je le rappelle à 21 ans là-bas) n’intéresse plus personne, on la jette, elle est sale, comme le pauvre petit chocolat. Pas mal, n’est-ce pas ? Bon, on omettra que la journaliste propose à l’enseignante d’agrémenter son cours hautement productif avec le fait que ô miracle, si on met un préservatif sur le chocolat, celui-ci reste propre… Ça ferait tâche au milieu de tout ce bon sens… !

En parlant de saleté, d’autres (Free Teens) ont trouvé encore plus judicieux de faire cracher dans un gobelet, puis d’échanger les gobelets et de boire avec. Car le sexe avant le mariage, c’est sale, si vous ne l’aviez pas encore compris, bande d’incultes !
Là où j’ai presque arrêté de rire car on tombe dans la propagande pure et simple, et la désinformation qui peut nuire à autrui accessoirement, c’est lorsque la journaliste fait état de leçons informant les adolescents que l’on peut transmettre le SIDA en s’embrassant, et (pire encore), que l’utilisation d’un préservatif est toute aussi efficace que… de jouer au tennis avec des Skittles. Oui, vous avez bien lu. Autrement dit : ne vous protégez pas, au final, ça servira à rien ! Franchement édifiant, non ?

Vous en voulez une dernière, pour la route, avant que je ne lâche enfin le lien vers cet article en or incrusté de diamants (et de petits spermatozoïdes tout gazouillant) ?
Les vagins des femmes sont comme des brosses à dents. Ou des chewing-gums. Et qui voudrait utiliser une brosse à dents sale (déjà utilisée), ou un chewing-gum déjà machouillé au préalable ? Pas grand-monde. Et bien les vagins, selon le « Canyon Independent School District », c’est du pareil au même. On n’a pas envie de mettre son pénis tout pur et tout innocent dans un vagin souillé et déjà utilisé, n’est-ce pas ? Le sexe avant le mariage, c’est le mal. On vous le répète depuis des lustres, vous pourriez écouter, tout de même !

Petits rappels des faits (piqués directement à l’article dont je viens de faire le résumé) : 95% des américain(e)s affirment avoir eu au moins une relation sexuelle avant le mariage ; l’Etat a donné plus de 1.75 milliards de dollars (US) aux programmes « pro-abstinence » (avant le mariage, donc) depuis leur création en 1996. Quand on parle d’économies budgétaires, on supprime en priorité la santé (mutuelle, sécurité sociale), l’éducation, et les aides sociales, là-bas. C’est sûr que c’est d’une logique imparable.

Le lien, maintenant :

http://www.salon.com/2014/04/21/8_most_absurd_lessons_americans_teach_kids_about_sex_part ner/
Non, tout ceci n’est pas une blague, malheureusement…

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