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Sous les jupes des filles

25 Juin

Il fait beau. Ça y est, on est en été o/

Toi aussi tu kiffes le soleil, le ciel bleu, la chaleur. Ou pas d’ailleurs.

Et quand il fait beau slash chaud, on a tendance à s’habiller plus léger. Pour les hommes ce sera petit tshirt, bermuda voire short. Pour les femmes, ce sera jupe, short, robe ou petit haut fin/court etc.

Mais quand t’es un mec, ça pose pas trop de problème. En revanche, les femmes, elles, sont confrontées à un problème de taille : le regard dans la rue.

Si t’es sur twitter et que tu suis les bonnes personnes, t’as dû voir passer le hashtag GraceAuFeminisme. Et via ce hashtag, on a pu voir combien la tenue vestimentaire des femmes était problématique. Combien l’image de la femme était problématique.

Ce qui m’a fait tiquer c’est le tweet de pseudo-de-ouf qui nous met ceci :

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Comme si les féministes criaient à l’immolation de la mini-jupe. Et surtout, comme si les femmes avaient besoin du consentement ou même de l’avis d’un mec pour savoir comment s’habiller. Notons que ce n’est pas le cas, si vous aviez toujours un doute.

A ce tweet s’en mêlent d’autres sur le harcèlement de rue. Celui qui ressort encore plus dès les beaux jours et l’apparition des premières jambes dehors. Comme si le fait de mettre un peu plus de peau dehors donnait droit à un avis -positif ou négatif- de ces messieurs. Mais ce n’est pas que dans les réflexions qu’on s’en rend compte, on le voit aussi dans les regards appuyés, les gestes -souvent déplacés. D’ailleurs, on les supporte aussi de nos consœurs qui se permettent, sous prétexte d’être elles-mêmes des femmes, commentaires et regards rarement agréables. Ça s’appelle le slutshaming. C’est juger une femme sur la longueur de sa robe, parce qu’on la jugera trop courte, alors celle qui la porte est forcément une salope.

Du coup, vu que c’est les beaux jours, vu qu’on a du soleil, vu que j’ai croisé pas mal de jambes dénudées, j’ai un petit conseil à vous donner : passez votre chemin. Pas de regards appuyés, pas de gestes déplacés, pas de réflexions, rien.

Oh et vu que je m’y attends et que je suis pas d’humeur, passez-moi aussi les mâles tears à base de « mais tous les hommes sont pas comme ça ! »

Des bises
Mya0u

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[Interviews] L’avortement

18 Juin

Bonjour !
Aujourd’hui, nous revenons sur un sujet légèrement abordé ici, mais cette fois sous forme d’interviews ! L’avortement. (Tous les encarts proviennent du site gouvernemental de l’IVG.)
Nous remercions Calliope et Alice qui ont accepté de répondre à toutes nos questions ! Leurs témoignages n’ont pas été modifiés, les précisions que nous (Team Boobizz) voulions ajouter le sont en fin d’article et sont signalées dans les témoignages par des (1) (2) etc.

En France, l’avortement est légal depuis la loi Veil de 1975. La loi promulguée le 04 juillet 2001 a amélioré l’accès à ce droit.
La méthode chirurgicale est possible jusqu'à la 12ème semaine de grossesse. Le contenu de l'utérus est aspiré sous anesthésie locale ou générale. L'intervention a généralement lieu dans la journée.
La méthode médicamenteuse peut être réalisée jusqu'à la 5ème semaine de grossesse sans hospitalisation et jusqu'à la 7ème semaine de grossesse avec quelques heures d'hospitalisation.
Nul ne peut obliger une femme à interrompre une grossesse (code de la santé publique article L2222-1)
Nul ne peut obliger une femme à poursuivre une grossesse (délit d’entrave loi n°93-121 du 27/01/1993 dite "loi Neiertz")
L’IVG chirurgicale est remboursée par l’Assurance Maladie à 100 % sur la base d’un tarif forfaitaire variable (de 437,03 euros à 644,71 euros)
L’IVG médicamenteuse en établissement de santé (hôpital, clinique) est remboursée par l’Assurance Maladie à 100 % sur la base d’un tarif forfaitaire fixé à 257,91 euros.
L’IVG médicamenteuse en médecine de ville (cabinet médical, centre de santé, centre de planification et d’éducation familiale) est remboursée par l’Assurance Maladie à 100 % sur la base d’un tarif forfaitaire fixé à 191,74 euros.

 Témoignage n*1 : Alice :

Comment ça s’est passé ?
J’avais 20 ans, ma situation familiale était compliquée, j’habitais chez ma belle-famille, mes parents divorçaient, j’ai du arrêter mes études en alternance. En résumé ma situation était très instable à cette époque.
Première démarche une visite auprès d’un médecin généraliste. Celle-ci a essayé de me convaincre de garder l’enfant, pour elle le fait de boire de l’alcool, de fumer (de tout) régulièrement, d’avoir une situation instable, ce n’était pas rédhibitoire. De mon coté il était hors de question, pour la santé de cet enfant, pour son éducation, il était inconcevable d’en avoir un maintenant.
Deuxième démarche (d’après mes souvenirs) visite au planning familial. Même topo, même blabla. J’ai eu droit à un examen gynécologique. La gynéco a voulu me faire une échographie mais le fœtus (1) était trop petit, c’était impossible de voir quoique ce soit.
Troisième RDV, centre de radiologie. L’examen est très éprouvant psychologiquement. L’appareil est interne (en forme de sextoy), la personne l’introduit sans ménagement et là elle voit le fœtus(1). Une question me taraude : Je regarde ou je ne regarde pas le moniteur ? Vas-je regretter de ne pas l’avoir fait ?  J’hésite longuement, je me lance, je regarde. J’ai vu le cœur battre, le mien s’est arrêté. Je repars en pleurs.
Quatrième démarche, retour au planning familiale avec les résultats : verdict j’étais à 10 semaines, le délais légal français est de 12. Il est temps de prendre les choses en main. Après une énième réponse à la question : Vous-êtes sûre de votre décision ? Je me lance RDV dans 4 jours à l’hôpital. La procédure utilisée sera l’aspiration (la méthode médicamenteuse n’est plus possible).
La veille de l’intervention, on me demande d’insérer un médicament dans le vagin pour aider à la dilatation. J’arrive dans la chambre, une jeune fille est présente pour la même intervention. On se raconte nos histoires. Une envie pressante se fait sentir, je vais aux toilettes et là je vois que je perds beaucoup de sang mais pas que. Ça ressemble à des pertes de règles x10, la douleur est la même. Je m’aperçois que évacuation totale est en train de se faire. C’est mon tour, anesthésie générale, l’intervention se déroule rapidement car « il n’y avait plus grand chose ». Le réveil est brutal, une femme d’une quarantaine d’années pleure à coté de moi, on se soutiens à demi mot.
Il s’est passé 3 semaines entre le moment où je sais que je suis enceinte et l’IVG soit à 11 semaines.

Comment as-tu réagis en apprenant ta grossesse ? Est-ce que tu en as parlé à ton copain ? à tes parents ?
Habitant avec mon copain chez sa mère qui était aide soignante, le dialogue avec elle s’est vite créé, elle m’a accompagnée tout au long des démarches car j’étais vraiment perdue. Je la remercie pour sa patience.
Avec mon copain, ça ne se passait plus très bien, j’étais au chômage, lui en alternance (nous avions 1 an d’écart), il n’y avait plus de dialogue. L’intervention a de toute manière signé la fin de notre relation. Il était très distant, ne s’impliquais pas dans les démarches. Avec le recul, je pense qu’il était au regret qu’on prenne cette décision, il aurait aimé le garder.
Mon père l’a su « grâce » à sa mutuelle mais ne m’en a jamais parlé directement, c’est hors de son domaine de compétence la compréhension, l’empathie ….
Je l’ai dis à ma mère plus de 6 mois plus tard, elle était désolé pour moi et aurait été présente si je lui en avait touché deux mots.

Comment te sens tu quand tu y repenses aujourd’hui ? 
Je n’ai jamais regretté ma décision, j’ai aujourd’hui 28 ans. J’ai mis 1 an 1/2 à jeter l’échographie. Néanmoins chaque année, à la période de l’IVG et la période où j’aurais du accoucher, je ressens un vide, un manque, c’est la grosse déprime. Comme si mon corps me rappelait la présence de cet enfant et le chamboulement que ça a fait et aurait pu faire dans ma vie.
Je parle assez facilement de mon expérience à mon entourage proche et c’est pour cela que je souhaitais la partager. Si cela peut aider d’autres femmes ou à se rendre compte de l’impact de cette démarche dans la vie d’un couple ou d’une femme.(2)
L’IVG a été, pour mon cas, un confort. J’avais le choix entre vivre avec un enfant qui potentiellement aurait pu avoir des problèmes de santé (au vue de ma vie très festive à cette époque), avoir des parents séparés ou avoir la chance de reprendre ma vie en main et faire dans l’ordre des choses.
Je ne visite aucun site pro vie ou anti-ivg, je peux en voir assez à la télévision. Je conçois totalement le fait que cette action entraîne la mort d’un être humain (3) et que cela peut choquer cependant je préfère être sure d’accueillir cet enfant dans de bonnes conditions et qu’il puisse jouir de la vie correctement.
Aujourd’hui, je suis en couple, nous n’avons pas d’enfant mais nous y réfléchissons sérieusement, peut être pour la fin de l’année qui sais ?

 

Témoignage n*2 : Calliope :

La première fois, j’avais 20 ans. C’était en 98. J’étais en couple depuis très peu de temps (avec le père de mes enfants d’ailleurs), quand je suis tombée enceinte. J’allais me faire prescrire une pilule, le gynéco m’avait fait une ordonnance pour un test de grossesse et une écho au cas où, avant de débuter la pilule…
Quand j’ai reçu le résultat de la prise de sang, au départ je n’y ai pas cru. J’ai même rappelé le labo pour vérifier si ça voulait bien dire que j’étais enceinte! ^^
Après, c’est allé assez vite. Trois jours plus tard, je passais une écho de datation. La grossesse était très jeune.
J’ai pris les pages jaunes pour appeler tous les hôpitaux de l’est Parisien et trouver une consult ivg. Et j’ai eu un rendez vous suffisamment rapidement pour bénéficier de la méthode médicamenteuse
Les professionnels ont été très pro et très bien… Le seul bémol c’était la conseillère familiale qui a tenu un discours plus moralisateur et juste hors de propos.
Pendant le délai des sept jours, j’ai informé mon compagnon. C’était une décision qui m’appartenait, je lui ai juste dit pour le tenir au courant mais sans lui demander son avis. Il a toujours été ok avec ça…
J’ai dû informer aussi ma mère il me semble… pour bénéficier de sa prise en charge mutuelle. J’étais étudiante, j’avais ma sécu je crois, mais j’étais encore sur la mutuelle de ma mère. Étrangement, ça a donné lieu à une conversation où elle m’a « avoué » qu’elle avait aussi fait une ivg étant jeune… à l’époque, en Angleterre…
Au bout de la semaine de réflexion, je suis retournée à Tenon confirmer ma décision et prendre les premiers comprimés qui arrêtent la grossesse.
J’avais aussi trouvé un généraliste qui m’a arrêté trois jours, vu que j’étais en stage. Je suis arrivée dans son cabinet en disant « j’ai besoin d’un arrêt de travail pour faire mon ivg » et j’ai expliqué ma situation… Je suis tombée sur quelqu’un de très compréhensif, pas du tout dans le jugement…
Normalement, la fausse couche se déclenche quand on prend le reste des comprimés, 48h après les premiers. Moi, y’a pas eu besoin… J’ai commencé à saigner assez abondamment dans le métro. Je suis rentrée chez moi et j’ai fini ma fausse couche sur les toilettes. C’est assez impressionnant, mine de rien… la quantité de sang et de caillots que l’on perd. J’étais seule, mais je n’ai pas eu de souci,  pas de malaise, rien…
La douleur, honnêtement, je ne m’en souviens pas vraiment. Mal un peu, comme de bonnes règles, mais ce n’est pas un endroit dont je suis très sensible…
Le lendemain, j’avais rendez-vous à l’hôpital pour prendre la suite des comprimés, ceux qui normalement déclenchent les contractions et l’expulsion du foetus (1)… Évidemment, j’avais déjà tout perdu et je suis repartie 4h après comme j’étais venue…
Aujourd’hui, 17 ans après, aucun regret de l’ivg en elle-même. A posteriori, je trouve par contre un peu violent le déroulé des événements, cette fausse couche « surprise » entre les deux rendez vous, un peu le sentiment de pas avoir été trop prévenue que ça pouvait se passer comme ça… d’avoir été un peu seule. Après, dans ces situations là, il y a aussi souvent des choses que on n’entend pas, on est un peu hermétique…

La deuxième ivg, c’était donc il y a un an. Je retombe enceinte, toujours de mon mari… L’histoire se répète. J’allais voir ma sage femme pour me faire prescrire un stérilet, elle me fait une ordonnance pour une prise de sang au cas où… J’avais un peu de retard, mais quand j’ai vu le résultat de la prise de sang, j’ai eu un peu de mal à y croire. Dans ma tête, la décision était déjà prise alors l’après midi même, j’avais déjà tous mes rendez-vous, médecin généraliste pour faire la première déclaration d’intention d’ivg et avoir une ordonnance pour une écho de datation, rendez-vous pour l’écho et rendez-vous à la consultation d’orthogénie de l’hôpital pour la deuxième visite de confirmation…
Là, par contre, la grossesse était plus avancée, donc avec les délais de rendez-vous, c’était trop court pour la méthode médicamenteuse. J’aurais préféré malgré tout, parce que gérer une hospitalisation, même une hospitalisation de jour, pour une ivg sous anesthésie générale, c’est un peu compliqué quand tu as trois gosses…
Les différents rendez-vous se sont bien passés, des professionnels très bien, hormis cette sempiternelle conseillère familiale qui demande toujours « pourquoi êtes vous tombée enceinte? ». Déjà chercher à savoir la cause, c’est être dans le jugement… parce que si on n’a pas une « bonne » raison, on se sent mine de rien coupable.
C’est normal, elles sont censées faire de la prévention, éviter que cela ne se reproduise, parce que ce n’est jamais anodin… mais c’est quand même lourd à entendre.
Évidemment, là encore, j’ai mis mon mari au courant. C’était un peu plus compliqué pour lui que la première fois, parce qu’on en avait déjà parlé de ce quatrième enfant… mais il a respecté MA décision et avec un peu de temps, il a fini par y adhérer complètement.
Cette fois là, les délais ont été plus longs, pour cause de créneaux de bloc opératoire un peu surchargés pour les ivg. Du coup, ça s’est fait, j’étais quasiment à la limite du délai légal… Un peu stressant d’être à la merci d’un aléa de dernière minute… Et un peu compliqué de poursuivre une grossesse avec les nausées, la fatigue… en sachant qu’on va interrompre tout ça et en essayant de cacher les symptômes en attendant. Deux mois et demi, c’est « tard » pour interrompre une grossesse dans la mesure où ça commence déjà à se voir un peu (chez moi, ça va vite et au bout de la sixième grossesse, encore plus). Et puis c’est la période où normalement, on fait la première échographie… mine de rien, on y pense.
L’intervention s’est faite en hospitalisation de jour. Rentrée à 7h30 le matin, passage au bloc en fin de matinée, sortie en milieu d’après midi en pleine forme. Le soir même, j’étais à la fête de fin d’année de l’école de mes enfants… Aucune douleur, peu de saignements par rapport à la première fois…
Niveau prise en charge, aucun souci. Etant assurée sécu, je n’ai rien déboursé.
Aujourd’hui, un an après, pas de regrets non plus. J’ai eu affaire, surtout au moment de l’hospitalisation et de l’intervention, à un personnel très accueillant et très humain…
Ce que je regrette davantage, c’est le délai pour la prise en charge au bloc. Traîner avec une grossesse que l’on va interrompre, ce n’est pas très confortable. On aimerait que ce soit plus rapide mais on est tributaire de l’encombrement des blocs et aussi du manque de gynéco qui pratiquent des ivg…

Au final, je dois avouer que ça s’est toujours bien passé pour moi. J’ai pas eu affaire à des gens désagréables ou jugeants. Même encore aujourd’hui, lorsqu’on me demande mes antécédents médicaux, je n’ai aucun problème à le dire et je n’ai jamais rencontré de réactions négatives…
Je crois surtout que quand on a une intention d’ivg, même si on ne va pas jusqu’au bout, il ne faut pas hésiter à anticiper, à prendre des rendez vous en avance, quitte à annuler, pour ne pas se retrouver coincée par les délais. Parce que, pour peu qu’on l’apprenne un peu tard, le temps passe vite… Prendre un rendez-vous, ça n’a rien d’irrémédiable, tant qu’on n’est pas sur la table du bloc, on peut toujours changer d’avis…
Il ne faut pas hésiter à décrocher son téléphone et à se renseigner tout de suite, appeler le planning familial, l’hôpital… qui vont aiguiller sur les bons professionnels, la bonne consultation…

En ce qui concerne les anti ivg, c’est pas quelque chose que je connais bien. Mais pour ce que j’en sais, ça me navre. En plus d’être plein de bêtise et d’idées passéistes, ces gens là sont malhonnêtes et manipulateurs. Ils jouent sur la désinformation et la corde sensible à coup d’images choc et trompeuses…

(1) (qui correspond aux trois mentions du terme « foetus ») : Il ne s’agit pas d’un foetus mais d’un embryon. (Def. wikipedia « Chez les animaux vivipares, le fœtus est le stade du développement prénatal qui succède à l’embryon et aboutit à la naissance. Le passage du stade « embryon » au stade « fœtus » a lieu lorsque les principaux organes et tissus sont formés. »)
(2) : Nous ne pensons pas que l’avortement soit quelque chose de difficile ou forcément impactant dans la vie d’une femme. C’est une intervention anodine, banale et commune chez les médecins/gynécologues. Bien entendu, le ressenti de chacun diffère, comme pour toute intervention.
(3) : un embryon n’est pas un être humain mais un amas de cellule. 

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à visiter le site du planning familial ainsi que le site du gouvernement avec toutes les infos, parce qu’il y a beaucoup de n’importe quoi sur internet et même dans les centres d’appel sur l’IVG : 

www.planning-familial.org ; www.sante.gouv.fr/ivg et un dossier-guide de l’IVG

 

manifeste ivg loi veil

Quand le don du sang devient excluant

16 Juin

Samedi 14 juin était la journée mondiale du don du sang.

Le don du sang est un acte généreux, bénévole, qui sauve de nombreuses vies chaque jour.
Je suis donneuse depuis de nombreuses années. Je donne mon sang, mais je suis aussi donneuse volontaire de moelle osseuse. On a peu de chances d’être appelés, mais si je le suis, si je peux donner une chance de survie à quelqu’un, alors je serai heureuse.

Mais voilà, tout ça ne serait pas possible si je ne mentais pas.

Oui, comme beaucoup de donneurs, je suis obligée de mentir sur ma vie personnelle, ou plus exactement sexuelle, pour pouvoir donner mon sang.

Vous le savez, je ne m’en cache pas, je suis pansexuelle et polyamoureuse. Ça sous-entend donc que je couche avec plusieurs personnes, que je suis susceptible d’avoir des relations homosexuelles et hétérosexuelles et ça, ça ne passe pas.

Que mes relations soient protégées, ils s’en foutent.
Que je me fasse tester HIV/hépatite/syphilis régulièrement, ils s’en foutent.
Qu’à côté de ça je sois une donneuse exemplaire, sans anémie, sans maladie, sans cholestérol, ça ne change rien pour eux.

On pourrait comprendre certains de ces interdits si on était encore au XXème siècle, à l’heure où le sida touchait principalement les homos et les drogués, les multipartenaires et les jeunes, bref, avant qu’on pige que la capote c’était pas quelque chose d’optionnel. Mais maintenant ?

Y a-t-il vraiment une différence entre un gay et un hétéro ? L’un a-t-‘il réellement plus de risques que l’autre ?
On parle souvent de la sodomie comme rapport à risque facilitant l’accès du HIV d’un partenaire à l’autre, cependant, la sodomie n’est pas réservée aux homos. Les hétéros et les lesbiennes aussi pratiquent la sodomie, quant aux gays, tous ne la pratiquent pas.

Y a-t-il vraiment une différence entre un monogame revendiqué et un poly ?
Les deux comprennent (ou pas) l’importance de se protéger. Je dirais même que les poly en ont encore plus conscience. Alors quoi ? Sommes-nous indignes ? Indignes de confiance ? Indignes de sauver des vies ?

Outre le fait que les dons soient testés avant d’être utilisés, je trouve ça carrément ostracisant. Humiliant.

Je me suis déjà fait recaler pour un don, parce que j’étais à jeun et qu’on donne pas son sang à jeun pour éviter les malaises. J’ai compris, ça ne m’est plus jamais arrivé. Avant chaque don je mange et je bois beaucoup. Mais voilà, il y avait un risque pour moi, donc j’ai compris.

Le fait d’être homosexuel, bisexuel, pansexuel, libertin, polyamoureux, polygame ne vous confronte pas à un risque. Et ça ne provoque pas plus de risque dans un don que d’être hétéro, monogame, exclusif.
Dès lors que tout le monde se protège, qu’est-ce qui me rend différente des autres ?
Rien.

Alors, aux yeux de l’EFS je suis une hétérote célibataire sans rapports à risque -puisque protégés- mais aux miens, je suis une femme qui ne peut assumer qui elle est, qui a honte du regard qu’on lui impose et qui subit des jugements humiliants.

 

(je précise qu’il y a d’autres personnes interdites de dons, comme les transfusées ou les gens ayant vécu en Angleterre dans les années 90. J’ai tenté de contacter l’EFS pour avoir quelques réponses dans le weekend mais …silence radio)

 

Donner peut sauver une vie. Alors je donne. Donnez. Donnons. Mais ne cessons pas de revendiquer une égalité.

Le guide de l’infidèle

11 Juin

Je sais, je sais, tromper c’est mal. Mais, après tout, je suis pas là pour juger, et quitte à tromper, autant éviter de se faire griller.

Quand on a commencé Boobizz, je t’avais déjà fait un article, un mode d’emploi, sur l’infidélité, mais il est bon de se rafraîchir la mémoire, et j’ai quelques trucs à ajouter, ou, plus exactement, des points à développer.

Dans cet article, je voudrais surtout parler des différentes manières de se faire griller, donc, de ce dont il faut se méfier. Je vais me permettre d’utiliser nos cinq sens pour te montrer que TOUT doit être scrupuleusement vérifier.

D’ailleurs, on trompe pas tout seul, donc ce serait bien que tout le monde le sache. Moi, par exemple, je ne suis pas infidèle vu que je n’ai personne dans ma vie, par contre, je couche avec des hommes maqués (oui c’est mal toussa), du coup, je vérifie avec eux certains détails.

Infidele

LE TOUCHER.
Je commence léger. Le toucher, c’est surtout les griffures et morsures qui, si ça ne laisse pas forcément de traces apparentes sur la peau, se sentent quand on passe sa main dessus. Et tu peux être sûr-e que, pris sur le fait, tu vas surtout passer pour un-e con-ne et galérer pour te justifier !

Le toucher, si l’on peut dire, c’est aussi le sexe en lui-même. Madame est un peu plus large après, ou monsieur un peu plus mou, et ça peut se remarquer…

LE GOUT.
La cyprine comme le sperme ont un gout particulier.
Si ta nana ou ton mec décide de te tailler une pipe dès que tu rentres, tu vas te faire niquer. Parce que soit tu l’as fait sans capote (et t’es un gros con) et du coup le gout de l’autre sera sur toi, soit tu l’as fait avec capote mais t’as pas pris de douche et tu vas avoir l’odeur du sperme ET de la capote. Parce que oui, une capote ça a un gout de plastique et ça se repère. Crois moi j’ai testé pour toi.

Et si toi, madame, tu t’es fait démonter au clair de lune, le gout de la cyprine diffère entre le « juste à l’entrée » qui est plutôt léger et le « je me suis fait ramoner » qui a un gout plus fort, plus acre, sans parler que sous l’effet de l’excitation, on mouille plus, donc on se fait griller quoi. (Ça m’est arrivée, note que je te donne mes techniques de bougresse, dire à son mec qu’on est mouillé bicoz on a pensé à lui et voilà CA MARCHE, mais ça marche qu’une fois, ils sont pas complètement cons non plus).

L’OUÏE.
Tu te feras trahir par tes amis, sache le, parce que ça parle. Et ça parle trop. Ils ne le feront pas exprès, mais tu te feras couiller.
Sous la pression, certains peuvent craquer et tout balancer à ta moitié, ou, au contraire, si tu te sers d’eux comme d’alibi, mieux vaut prévoir le coup, qu’il ou elle ne lâche pas un « ah non, ielle était pas chez moi hier soir !« 

Alors comment faire pour ne pas en parler s’ils-elles te servent de couverture ?
Le meilleur moyen, c’est d’utiliser des gens qu’ils-elles ne croisent jamais, un patron, un collègue, un ami qui habite loin, une vague connaissance… bref, pas ton meilleur ami qu’ielle connait si bien. En revanche, si tu as une confiance ABSOLUE en ton-ta meilleur-e ami-e, tu peux te tenter de lui en parler, à condition que tu saches d’avance sa réaction. Disons le clairement, si ton-ta meilleur-e ami-e a perdu son âme-sœur à cause d’une infidélité, mieux vaut t’abstenir, parce que, outre la leçon de morale qui te pend au nez, ielle risque bien de te balancer pour que ça te serve de leçon… Cependant, si tu sais qu’il-elle s’en tape, bah, let’s go, avec un peu de chance ça te sera même plutôt utile d’avoir, sous la main, un alibi tout frais pour tes cinq à sept rapides.
Mais, je mets un gros /! ATTENTION /! sois SUR-E et absolument CERTAIN-E que meilleur-e ami-e n’ait pas des vues sur ton demi, parce que là c’est tendre le bâton pour te faire battre. 1. ielle risque de te balancer 2. ielle risque de le-la récupérer

L’ODORAT
Je ne le dirais jamais assez, les odeurs ça trahit. On a le nez fin, très fin, surtout quand il s’agit de sa moitié qui rentre tard.
Donc, le mieux, c’est encore que l’autre ne porte pas de parfum, ou de déo, ça aide déjà pas mal à limiter la casse. Ensuite, le mieux c’est quand même de prendre une douche, mais de prendre une douche SUR PLACE, pas quand tu rentres, c’est super suspect, si si, je t’assure. D’ailleurs, j’ai trouvé une technique y a pas longtemps avec Crush, c’est d’offrir à ta moitié le parfum de ton amant-e, on est d’accord, dit comme ça, c’est dégueulasse, mais dans la pratique c’est, justement, pratique !

On oublie, évidemment, les capotes parfumées.

Mais pas que !
Les huiles de massage, ça laisse une odeur tenace, même après une douche. Les gels douches et shampooings que vous allez utiliser ne sont pas les mêmes que les vôtres, alors là aussi, on fait gaffe, certains ont un parfum très prononcé qu’il vaudrait mieux éviter. On pense aussi aux cosmétiques, parce que le petit bisou en partant c’est mignon, mais ces dames savent que le rouge à lèvre, le gloss et même le baume à lèvre ont tous des odeurs différentes.

On pense aussi à la clope qui laisse une odeur particulièrement forte sur VOS fringues, donc autant si tu fumes c’est bon, mais si tu ne fumes pas et ton demi non plus mais ton rechange oui, alors là BON COURAGE !

VUE
Normalement, ça, tout le monde y pense, mais quand même.

On vérifie qu’il n’y ait pas de cheveux qui trainent sur les épaules, ou pire, dans les sous-vêtements (ouais ça se fout partout, et je sais de quoi je parle j’en perds beaucoup…), pas de poils d’animaux (pas que je doute de vos mœurs, mais si l’amant-e a un chat et toi pas, ça va vite se voir!).

On pense également à ce qui se lit… SMS, Facebook, Twitter, Whatsapp, Skype, historique de navigation, historique d’appels… et à ce qui se regarde… SnapChat, mails, photos/vidéos sauvegardés sur le PC ou le téléphone… Y a pas de « mais, mon-ma chéri-e fouillera jamais dans mon téléphone » non, on ne fait confiance à personne. Infidèle doit rimer avec parano, c’est mieux. On efface tout, on ne garde absolument RIEN et, le mieux, c’est encore de se donner des plages horaires de communication. Par exemple, quand on sait que les deux bossent, mais jamais le week-end ou le soir, jamais quand on a un doute sur l’emploi du temps de l’autre etc. Si seul l’un des deux est pris, l’amant-e fera en sorte de savoir quand écrire ou d’attendre que l’infidèle démarre la communication, on s’assure donc de sa dispo. Je sais, ça fait un peu clebs qui attend, mais vaut mieux mettre son égo de côté dans ce genre de cas que de déclarer la guerre ouverte. Et pour les petits malins qui SMS leurs maitresses/amants QUAND ILS SONT AVEC LEUR MOITIE, pensez à ajouter le « ne répond pas » en début ou fin de message, ça vous évitera des drames. Le mieux, ça reste d’avoir 2 téléphones, un pour l’officiel un pour les coups d’un soir ou plus qu’on laissera sur son lieu de travail pour être sur de pas se faire avoir.

Mais on pense aussi aux éventuelles marques. On se frotte pas tout habillés sinon c’est risqué de se tacher mutuellement, et la tache blanche sur la cuisse du jean, je t’assure, ça trahit !

De manière générale, le mieux c’est encore de pas voir l’officiel-le juste après l’autre, ne serait-ce que pour limiter les chances de se faire griller, mais aussi parce que le bonheur, ça se voit, et rentrer avec un sourire jusqu’aux oreilles aussi !

Voilà, je pense pas avoir oublié grand chose mais si jamais, n’hésite pas ! Et n’hésite pas à partager tes expériences, bonnes ou mauvaises, on est aussi là pour ça.

Je précise, parce que je le sens, que je ne fais pas l’apologie de l’infidélité, ou de la fidélité d’ailleurs, chacun fait ce qu’il veut !

Des bises
Mya0u

Définissez vos relations

4 Juin

C’est un truc apparemment primordial. Faut toujours définir le type de relations qu’on entretient. Je trouve ça un peu… Trop rangé, mais soit.

Du coup, je me demande quand faut le faire, et lesquelles doivent l’être ? Toutes, sans doute. Après tout, on le fait machinalement. « Je te présente pipou, mon meilleur ami » « voilà choupinet je te présente l’amoureux ». Mais bon, dans le discours un « je te présente mon plan cul du soir » ça sonne un peu moins bien. Ou encore « voilà mon ex, on baise ensemble de temps a autre c’est cool ! ». Pas sur que vos parents aiment autant que vous l’idée.

Pourquoi définir une relation?

Apparemment ça rassure de savoir ou on met les pieds. C’est sur qu’en précisant que unetelle est votre gonzesse ça recadre tout de suite les sourires enjôleurs et les espoirs de mademoiselle, encore que…

C’est d’ailleurs en définissant les relations qu’on entretient qu’on aide les autres a savoir ou il se situe. Parce que si tu présentes ton mec comme « mon amoureux que j’aime a la folie » ça change du « mon type du moment » ou encore « c’est vaguement mon mec mais bon », tu comprends bien qu’y a une possibilité d’enfoncer la porte dans les deux derniers cas.

Bon, ok, y a des fois c’est super compliqué de définir une relation. Genre quand toi même tu sais pas trop. Genre quand y a plusieurs moitiés dans le lot. Enfin…

 

T’en penses quoi? Tu définies toi? Et comment?

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