Encore un problème de génération…

6 Juin

Je peux oser prétendre m’y connaître en matière de pilule contraceptive : depuis mes 14 ou 15 ans, je suis en effet obligée de la prendre. Obligée, oui, sous peine de n’avoir strictement aucune régularité dans mes règles. Si vous souriez, que vous soyez homme ou femme, essayez d’imaginer l’enfer que c’est de ne jamais savoir quand vous allez devoir vous précipiter aux toilettes ou dans la salle de bain la plus proche pour éviter à vos vêtements d’être tâchés de sang, et ce, à vie. Vous risquez de moins rire après avoir expérimenté la chose, croyez-moi. Obligée, aussi, sous peine d’avoir de très fortes migraines me clouant littéralement au lit, dans le noir complet, sans pouvoir bouger ni manger et avec une nausée telle que même de l’eau ne vous fait plus envie. Certain(e)s d’entre vous me diront : « et les médicaments contre les migraines, tu y as pensé ? ». Evidemment, oui. J’ai testé les moins dosés, en fait, et je m’endors dans les 5mn après la prise du comprimé, c’est presque pire que la migraine elle-même (que je peux essayer de combattre vaillamment une paire d’heures, voire plus, selon mon énergie et la luminosité ainsi que le bruit ambiant). Donc la pilule m’est tout simplement imposée par mon profil hormonal. Je vous passerai les détails sur la régulation du flux de mes règles grâce à la prise de ladite pilule, ainsi que la disparition presque totale des maux de ventre… Pour moi, la pilule contraceptive est une bénédiction (petit clin d’œil à ce cher François et sa bande de crétins extrémistes… chrétiens, pardon, ma langue a fourché).

Mais voilà, il y a deux ans survenait un scandale, souvenez-vous : la fameuse pilule « Diane 35 » défrayait la chronique avec ses risques cardiovasculaires d’une gravité sans pareille, notamment (car il n’y avait pas que cet unique problème malheureusement). Je ne reviendrai pas sur ces faits-là, d’une extrême importance, cela va sans dire. Les médecins qui prescrivaient Diane 35 sans rien vérifier ni assurer le bon suivi, les effets indésirables cachés par le laboratoire, et les prescriptions abusives et de plus en plus précoces… Non, le grabuge autour de cette pilule était largement justifié. Mon problème est très différent, puisqu’il concerne les pilules non pas de 4ème génération, comme on les appelle (Diane 35 en est une), mais de 3ème génération.
Je prenais en effet Varnoline Continu, à l’époque. Pilule 3ème génération, c’était ma quatrième. Ou troisième, je ne sais plus trop maintenant… Avant elle, j’avais testé DailyGé (en premier), entre autres. Je suis désolée de devoir vous avouer que ma mémoire me joue des tours pour me souvenir de toutes les pilules que j’ai dû essayer. Lorsque le scandale des pilules contraceptives éclata, on demanda à tous les médecins de revenir illico prestissimo à des pilules de 2ème génération sous peine de se faire transpercer par un éclair furieux du meilleur pote d’Hippocrate, Zeus. Mon médecin traitant, qui est excellente je le précise, et me suivait à l’époque depuis deux ans, a donc obtempéré (bien que perplexe quant à cette affaire) et j’ai dû arrêter de prendre cette pilule. Pour mon bien, parait-il. Certes. Il n’empêche que deux ans plus tard, je viens de retrouver cette chère Varnoline Continu (non remboursée, 27€ la boîte de trois plaquettes, merci la Sécu). Pourquoi, me direz-vous ? Pourquoi, ô Grand Diable! vouloir revenir à cette ignoble pilule 3ème génération pourtant si dangereuse pour ma pauvre et chétive santé ?
Alors tout d’abord, permettez-moi de vous rappeler une base : dès qu’on joue avec les hormones, dès qu’on joue avec l’ordre naturel de notre biologie humaine (non, les fachos du fond, là, je ne parle pas de cet ordre-là, bande d’imbéciles ignares !), c’est forcément « dangereux ». Logique. On dérègle la sainte horloge réglée sur le fuseau horaire du complexe hypothalamus-hypophysaire. On augmente donc forcément notre risque cancérigène, par exemple. Surtout si l’on boit, fume, se drogue, et que l’on passe son temps à se faire griller les cellules dermiques sous un soleil brûlant en été. Mais en fait, ça, c’est un peu la base de toute notre vie humaine : plus on vit sainement, moins on a de risque (enfin, en théorie). Il n’est donc pas extrêmement périlleux pour moi de recommencer à prendre une pilule 3ème génération. Oui, je vis sainement, je mange très peu de gras, principalement de l’huile d’olive, je ne fume pas, je ne bois pas, je ne me drogue pas, je diminue au maximum ma consommation de sucre et de sel, et j’augmente au maximum ma dose quotidienne de fruits et légumes, en m’offrant autant de chocolat noir que nécessaire au passage. J’ai des risques génétiques cardiovasculaires, mais pour l’instant, tous les voyants sont au vert. Alors, je vous le demande… Pourquoi, au nom de tous les serments d’Hippocrate pris ces 50 dernières années, pourquoi devrais-je me priver d’une des seules pilules que mon corps supporte et accepte ?

Car oui, l’équation n’est pas terminée, dans ce coup de gueule passager et strictement hormonal (c’est bien connu que les femmes sont hystériques et ne réagissent qu’aux poussées hormonales, n’est-ce pas ?). J’ai testé entre temps Minidril (migraines plus fortes que d’habitude, maux de ventre accentués, règles plus abondantes que la normale), Leeloo (triplement de mon taux de cholestérol, essoufflement anormal, cheveux gras), et la toute dernière, Cérasette (surnom affectif « Cézarette »). Celle-là, ça a été un sacré feu d’artifice en matière d’effets secondaires indésirables : cheveux ultra gras avec chutes anormales, peau grasse et sèche et mixte et je ne sais plus trop finalement, maux de ventre, règles continues qui se déclenchent toutes les 48h avec des spasmes, maux de tête, migraines, irritabilité, et sans oublier les tremblements pour un rien, ainsi que les bouffées de chaleur. Oh, et les envies de pleurer complètement incompréhensibles et aléatoires. Et une fatigue telle que j’ai cru être retombée en hypothyroïdie (les hormones défectueuses, ça me connaît !). Pourquoi avoir passé deux ans de ma vie à tester trois pilules, rester quatre mois sans contraception (et donc avec des règles « à l’ancienne », avec tout ce que ça implique, cf. le premier paragraphe), faire trois prises de sang, tout ça pour revenir au final à la pilule qui me convenait le mieux, une 3ème génération ? Je vous le demande !

On a diabolisé à merveille ces pauvres petites pilules qui n’avaient rien demandé à personne, tout ça parce qu’il y avait eu quelques erreurs… Je ne minimise pas ces erreurs ni leur importance, non. Je suis juste sidérée par l’impact que ça a eu sur la vie des femmes. J’en suis un exemple. Car aligner successivement trois pilules qui vous foutent en l’air les hormones, je peux vous assurer que c’est bien pire que de prendre tout bêtement une pilule 3ème génération qui vous convient et dont vous n’avez pas à vous plaindre.

Donc qu’on ne me parle plus jamais des méfaits hautement dangereux des pilules de 3ème génération (ou même de 4ème génération), et du péril dans lequel je me laisse tomber en choisissant de prendre Varnoline Continu. Toutes les pilules (de la première à la dernière génération) sont potentiellement dangereuses pour toute personne dite « à risque ». Tout médicament, quel qu’il soit, en fait, devient dangereux dès lors qu’il est utilisé sans l’avis d’un médecin, sans diagnostic correctement établi au préalable, et/ou sans l’avis de spécialistes de la santé (pharmaciens inclus, oui, ils sont très compétents en la matière, au cas où vous en doutiez… comme les sages-femmes pour les femmes enceintes, en fait). Mais dès qu’il est utilisé dans les règles de l’art, comme on dit, tout se passe bien, et il n’y a aucune raison de s’inquiéter ni même de froncer les sourcils.

Sur ce, je vous rappelle un autre élément « basique » de la sexualité : une pilule contraceptive ne vous protège aucunement contre les MST et le SIDA. Sortez couverts, donc.

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