Moi, et Mon corps.

16 Déc

J’ai un gros problème avec mon corps. Mon corps n’a pas de gros problème, je ne suis ni difforme ni handicapée ni même obèse (bien que constituée presqu’uniquement de gras et d’eau.)(et puis même, je ne considère pas la « difformité », le handicap ou l’obésité comme un problème). Mais j’ai un problème avec mon corps. En fait non, mon corps et moi, on s’aime assez. Pas tous les jours ni partout à la fois, mais ça va, notre concubinage forcé se passe relativement pas mal. Sauf que j’ai un problème avec mon corps. Ce n’est pas un problème que j’ai avec moi-même, mais c’est un problème que l’on a imposé. Que la société et les gens m’ont imposé. Je ne suis ni maigre (sous entendu avec un IMC plus proche de zéro que de 23,5 (=IMC normal)), ni blonde aux yeux bleux avec un sourire colgate (enfin, le sourire, j’ai). Je ne porte pas de vêtements « mode », ni tes talons, je suis mieux dans un sweat trop grand que dans un tailleur ou une petite robe sans prétention et je préfère construire ma prison sur Steam que de faire du sport. (Par contre je ne fume pas, je ne me drogue pas et je bois environ 3 fois par an.) Et tout ça, je le vis bien. Quand je suis chez moi, seule avec mon chat-débile-handicapé (qui est actuellement couché sur mon bras, histoire de bien m’aider à écrire).

Sauf qu’apparemment, le monde à l’extérieur de mon appartement trouve que ma vie n’est pas bien. Que mon corps ne correspond pas à la vision « normale » qu’on se fait d’un corps féminin. (Pourtant j’ai des gros eins’ en plus) Que ma vie n’est pas saine, que je devrais faire plus ci, ou ça.

Je ne sais pas trop qui a décidé, un jour, que la fâme devait être un être beau, svelte et sportif juste ce qu’il faut pour être bonne (parce qu’une femme musclée c’est moche, apparemment.), que la femme devait être polie et serviable. Propre sur soit, et presque princesse. Je vais casser un mythe, mais…je ne fais pas caca des papillons, par exemple. (D’ailleurs ça me ferait flipper de faire caca des papillons.) Ah oui. Et mes cacas ils puent aussi. Moins que ceux de mon chat, mais bon, ça sent pas les fleurs. Bon, trouvez moi UN animal qui fait caca quelque chose qui sent bon. Allez, ça m’intéresse. Je ne comprends pas pourquoi la femme doit être une personne « parfaite », et qui n’a pas un corps « sale » comme l’homme. Expliquez moi pourquoi c’est plus sale une femme qui pète qu’un homme qui pète ? On est pas des fleurs.

Du coup, la société a un problème avec mon corps et moi. Pourtant, je pensais que la seule personne concernée par mon corps, c’était moi (et ma mère quand j’étais petite, peut-être). En quoi je n’ai pas le droit d’être flasque et grasse du cul. Ma cellulite et moi on se fait des purs repas de folie, et des soirées trop chouettes devant l’ordi. Personne n’a le droit de me dire que « c’est pas bien ce que tu fais là », « tu devrais moins manger », « prends plutôt une salade…sans sauce », « fait du sport »… Manger, c’est la vie. Si tu manges pas tu meurs. La salade nature, c’est dégueulasse, et le sport, ça fatigue. Si je me sens bien dans mon gras, en quoi ça peut être un soucis pour toi, société ? Pourquoi dès qu’une actrice à un micron de gras sur la cuisse (ou pire de la cellulite à 30 ans. PUTAIN MAIS C’TE HONTE QUOI) on en fait tout un cinéma, des articles insultant la nana en question de grosse, etc. Déjà, si on a plus le droit de ressembler à autre chose qu’à une mannequin-porte-manteau, merde ! Mais en plus, en quoi c’est grave d’être gros ? Bien sûr, tu as le droit de ne pas aimer visuellement. Personnellement, je n’aime pas trop les gens avec des coupes mulet, mais je vais pas les insulter quand j’en vois. Y’en a qui diront que pour la santé, tout ça, bah c’est pas bien. Alors, peut-être, mais je pensais qu’on s’occupait pas de la santé des autres… Chacun son corps, chacun son gras, et chacun sa santé, non ?

Et c’est pareil avec tout le reste.

Oh mon dieu, les filles ont des poils. Hérésie. Mon chat-handicapé-de-l’oeil aussi, et c’est pas grave. J’ai pas vraiment compris pourquoi les poils sont considérés comme « sales », alors que je crois qu’au contraire, leur but est de protéger notre corps…

Tu sais, moi j’ai appris que mon corps m’appartenait et que j’étais la seule à pouvoir en disposer comme je l’entendais. Et ça comprends aussi bien mon régime alimentaire et ma cellulite au cul, mes poils, ma couleur de cheveux intergalactique, mes fringues, mon orientation sexuelle (bien que ça ne soit pas un choix), mes études (dont je suis fière.), mon sexe, mes tatouages et piercings, et puis même ma couleur de peau (ça n’est pas un choix non plus, mais elle m’appartient).

Alors, société, et gens haineux, occupez vous de vous. Aimez vous. Arrêtez de regarder chez les autres ce que vous n’assumez pas chez vous.

Des fois, j’ai l’impression d’avoir été trop bien éduquée.

Allez vous faire foutre, moi je m’aime comme je suis. (et j’vais m’faire une raclette, pour la peine.)

Nina.

corps femme

(Non, c’pas moi sur la photo.)

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2 Réponses to “Moi, et Mon corps.”

  1. Sarah 16/12/2013 à 14:21 #

    Ben je suis bien d’accord. D’ailleurs par rapport aux poils, mon copain s’en fout et ça j’avoue ça me soulage pas mal. Il m’arrive juste parfois de me raser les jambes et les aisselles et encore quand je le fais des fois il « m’engueule » parce que je lui ai pas demandé son autorisation. x) Mais bon franchement ça me soûlerait un peu de devoir être nickel tout le temps à force.

  2. Kakao 17/12/2013 à 18:54 #

    J’ai l’impression de me lire haha, mais dans le sens inverse.
    J’ai toujours voulu grossir et j’avoue que depuis que j’ai pris mes dix kilos et que j’ai même des bourlets (depuis la première fois de ma vie :D !), je me sens mieux. Et je me rends compte aussi (et ça m’exaspère) qu’au final, on insulte plus facilement les maigres que les gros. Pourquoi ? J’en sais rien, peut-être parce que soi-disant la société nous veut minces, et que donc quand t’es « maigre » t’as de la chance, parce que les autres jugent à ta place que tu aimes ton corps et que donc, on ne te froissera pas en te disant que tu ressembles à rien d’autre qu’à un squelette. C’est pas politiquement correct déjà de dire que quelqu’un est gros, il faut dire « enrobé », « roudouillet », blabla, pour pas froisser. Merde, moi je dis « gros » et « grosse » et ça n’a rien de péjoratif. J’ai toujours préféré les femmes avec de jolies formes (pas forcément grosses, ni minces, ni maigres, mais juste une silhouette « ronde »). Quand aux hommes, je ne suis pas attirée par les hommes gros mais encore moins par les hommes maigres. Mon copain a des poignées d’amour et ça me va très bien. Bref… il n’y a pas vraiment de politiquement correct pour désigner les « maigres ». Non, parce que quand t’es maigre tu vois, t’es forcément à l’aise avec ton corps puisque la société te veut maigre (ironie bien sûr). C’est comme quand tu as des gros seins, t’es forcément à l’aise puisqu’il faut avoir des gros boobs. Bah non, la société ne te veut pas gros, mais elle ne te veut pas maigre non plus. Si t’es maigre t’es moche, t’es un squelette, un mannequin-porte-manteau, une « sale » anorexique (inutile de rappeler que l’anorexie est une maladie grave et qu’on ne le choisit pas et que bien entendu, « maigre » ne veut pas dire « anorexique »).
    Bref. Je pousse ma gueulante, parce que ça me gave d’avoir entendu des remarques horribles depuis toute gamine sur mon physique de « sac d’os » ou de « squelettor ». Et je pense qu’on minimise totalement l’impact que cela peut avoir sur les enfants d’entendre ça depuis tout petit et d’être rejetés par les enfants et parfois même par les adultes parce qu’ils sont « trop » gros ou « trop » maigre ou « trop » petit et j’en passe. Au final la société n’accepte personne qui soit hors-normes. Seuls les magasines féminins encouragent à être « mince » (mince signifiant dans ces cas là, bien souvent, « maigre »).
    J’ai mis beaucoup de temps à m’accepter telle quelle, avec mes os qui dépassent de partout, mon tout petit bonnet A et mes genoux noueux. J’ai décidé un jour que je me devais d’accepter mon corps parce qu’il ne m’a rien fait de mal, parce que j’ai de la chance d’être en bonne santé et parce que malgré tout, je ne suis pas hideuse. Et après tout, c’est plus mon corps qui supporte ce que je lui inflige plutôt que l’inverse.
    Mais je ne cache pas que je suis quand même heureuse de ne plus avoir le regard des autres sur mon corps depuis que je suis rentrée dans la norme…
    Et oui, les filles ont des poils. Enfin les femmes plutôt…
    Mais c’est pas bien d’être une femme en fait. Il faut ressembler à un enfant, imberbe. Je ne dirai pas « sans forme » parce que c’est extrêmement péjoratif et qu’à mes yeux cela n’a pas de sens. Mais en gros, il faut ressembler à un enfant. On vit dans une société où l’on doit grandir trop vite mais garder à tout prix un physique d’enfant.
    J’ai la chance d’avoir moi aussi un copain qui accepte mon affreuse pilosité et qui m’a acceptée quand j’étais squelettique…

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