Et si on simulait un viol ?

20 Nov

On a tous des fantasmes plus ou moins avoués, plus ou moins assumés, plus ou moins réalisables. Et puis, il y a les autres. Ceux dont t’oses pas parler. Ceux que t’oses pas révéler à ton autre. Ceux que tu ne t’avoues même pas à toi-même, parce que c’est « hors norme », amoral.

Dans ce genre de fantasmes, il y en a un qui est assez courant : le viol.

Alors, évidemment, le but n’est pas de réellement se faire violer hein, mais de simuler. Ça veut pas dire que le lendemain t’as des bleus plein la gueule ou que tu lui as pété le bras. Voyons ça comme une variante du BDSM, dans le sens où l’un des deux doit faire preuve de force, mais modérément puisque l’autre doit « mimer » ne pas vouloir de rapport. Ça a l’air compliqué comme ça, mais si on parle de pratique pure, ça ne l’est pas.

Le plus dur au final dans ce fantasme, ce sont les questions qu’il pose et qui dérangent.

Le viol est un sujet tabou dans notre société. Les victimes se cachent, se sentent responsables, les bourreaux ne sont pas toujours punis (loin de là) et quand ils le sont, c’est peu cher payé pour un acte aussi méprisable, misérable. Je n’ai aucun respect pour ces personnes-là. J’ai beau être ouverte, j’ai beau comprendre que certaines personnes sont malades, je ne peux décemment pas tolérer le viol. Même en y mettant de la bonne volonté.

Mais le fantasme du viol, je le conçois différemment.

Certaines victimes de viol l’ont, d’ailleurs. Ça semble carrément malsain de vouloir reproduire ce qu’on a vécu, subi, et pourtant, là est la subtilité : le fantasme est choisi, on a son mot à dire, on connaît l’autre, on lui fait confiance. Ça change la donne (mais je sais que beaucoup de lecteurs ne comprendront pas, même si je m’expliquais mieux).

D’autres utilisent le terme « viol » pour expliquer qu’ils veulent un peu plus de violence, de force, dans leurs rapports sexuels. Et quand on associe le mot « force » et le mot « viol », c’est horrible aux oreilles. Pourtant, ça perturbe moins quand on parle de fessée ou de liens (bondage & co). Tout est, au final, une question de vocabulaire.

Et puis il y a ceux qui ont peur. Parce qu’on sait qu’une femme sur deux a été, est ou sera violée dans sa vie. On a peur. On vit avec cette peur au quotidien. Et le mimer a pour but de retirer une partie de cette peur, de (presque) minimiser l’acte en lui-même (bien que, j’insiste, un viol est horrible, qu’on le fantasme ou non, un vrai viol c’est plus que de la violence physique, c’est tout le reste aussi).

Devons-nous juger ceux qui veulent tenir le rôle de bourreau ?
Je ne pense pas. J’admets qu’on puisse se poser la question de savoir si ces gens-là ne passeront pas réellement à l’acte « pour de vrai », mais là encore, j’en doute. Je ne pense pas que le fantasme du violeur soit une façon détournée de cacher de vrais penchants de violeur. Je pense que c’est un moyen de prendre le contrôle pendant un rapport sexuel, de voir l’autre s’abandonner à ses  mains (comme pour un Maître ou une Domina).

Devons-nous juger ceux qui veulent tenir le rôle de victime ?
Toujours pas. Pour les raisons expliquées plus haut, mais aussi parce que ça rejoint ce que je disais pour le « violeur », c’est l’abandon de soi, le lâcher prise, comme un Soumis.

Je pense que je vais me faire crucifier par les adeptes du BDSM qui liront ma comparaison mais tant pis, c’est ce que j’ai trouvé de plus adapté.

A côté de ça, j’aimerais vous rappeler que dans ce genre de fantasme, ça se finit bien. Le but n’est (normalement) pas de repousser l’autre tout du long en lui arrachant les yeux, c’est bien qu’à un moment donné, il-elle finisse par craquer (genre le violeur au final il est trop bon tavu). Pour vous donner du « plus petit niveau » c’est un peu comme quand vous repoussez quelqu’un dont vous avez envie mais sans conviction, parce que vous en avez envie et que ce qui vous arrête vous semble bien futile quand c’est l’instinct qui parle (genre un truc que vous ne jugez pas correct, un endroit inapproprié, etc.). Je sais, un non c’est un non. Or je suis désolée, je vais peut-être parler juste pour moi, mais y a une différence entre un non clair et un non-faut-pas-mais-vas-y-quand-même parce que je te veux. Et non, je ne suis pas en train de dire que les victimes de viol n’ont pas eu un non assez clair (ne déformez pas mes propos) (putain d’article je dois prendre trop de gants pour un sujet pareil).

Bref.

Si j’ai choisi ce sujet, ce n’est pas pour rien.
J’aimerais vraiment réussir à ouvrir quelques paires d’yeux, quelques esprits. Je ne dis pas que vous avez l’esprit étriqué, j’aimerais juste vous montrer les choses différemment. De la même manière qu’on ne juge pas quelqu’un qui aime le sexe violent, ou ceux qui, au contraire, aiment le sexe vanille, de la même manière qu’on ne juge pas quelqu’un qui fantasme sur les hommes plus mûrs ou ceux qui fantasment sur des célébrités, on ne juge pas ce type de fantasmes qui, malgré ce qu’ils représentent, sont toujours accomplis entre personnes consentantes ayant pleinement conscience de ce qu’elles font.

Lâchez-vous sur les comm’, pensez juste à rester respectueux.

fantasme viol

Des bises,
Mya0u

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3 Réponses to “Et si on simulait un viol ?”

  1. Hipss 20/11/2013 à 11:33 #

    Bon sujet qui dit autrement peut s’avérer étrange , je connais une quand on parlait de nos fantasmes qui m’a dit que le fantasme du viol faisait partie de celui qu’elle voulait absolument faire et la effectivement dans ce fantasme c’est n’est pas un viol à proprement dit (et heureusement) mais plus un je comme l’explique MyaOu.

    En tout cas MyaOu merci pour ce sujet qui n’est pas du être simple à aborder.
    Bisous les Boobizz ;).

    • Mya0u 27/11/2013 à 10:21 #

      De rien, merci à toi et plein de bisous !

  2. Kakao 29/11/2013 à 13:24 #

    Détrompe toi, tu as très bien expliqué. Et justement le fantasme du viol n’est pas un viol à proprement dit. D’ailleurs dire à quelqu’un « je veux que tu me violes », c’est une superbe figure de style (une antithèse, désolée pour les relents d’études littéraires). Pourquoi ? tout simplement parce qu’un viol n’est pas voulu. Donc vouloir être violé… c’est pas vraiment vouloir être violé. Personnellement ça m’excite (parfois, pas toujours) de simuler ça avec mon moitié, mais clairement je n’ai pas envie d’être violée. Qui le voudrait réellement….

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