J’aurais aimé avoir le choix

13 Nov

Je t’aime.

Les premières personnes qui me l’ont dit, ce sont mes parents. Et je pense que c’est à eux que je l’ai dit en premier. Puis à mes frangins. Et après, ça a été mon premier petit copain en 6ème, Geoffrey qu’il s’appelait. Puis ceux et celles qui ont suivi. Ceux. Et Celles. Je n’ai pas de préférence même si je penche plus pour des relations couplesques avec du damoiseau. (Parce que je trouve les filles connes).

Je t’aime.

Je n’ai pas réellement choisi de viser les femmes. Ou les hommes. C’est venu comme ça. Il paraît que j’ai de la chance, parce que j’ai plus de choix. Il paraît que « je fais bien ce que je veux », comme si j’avais voulu qu’on me regarde de travers parce que je tiens la main d’une autre femme. Comme si les pédégouines ont choisi de ne pas avoir le droit d’être légalement parents (le terme pédégouine est utilisé exprès, si t’avais un doute).

Je t’aime.

Mais aimer ce n’est pas un choix, c’est du ressenti. T’as pas choisi de tomber amoureux de ton ex, même si c’est un sale con. T’as pas choisi de tomber amoureuse du frère de ton mec. T’as pas choisi de tomber amoureuse de la mère de ta meilleure amie. On choisit pas, on vit.

Je t’aime.
Mais moi je ne m’aime pas.

Tu vois bien que les autres te regardent différemment. La poitrine que tu t’imagines n’est pas là, c’est un pénis entre tes jambes. T’as pas choisi d’être surnommé le garçon manqué parce qu’à la place des Barbies, tu jouais au foot avec tes potes. T’as grandi, et t’as gardé cet aspect masculin. T’as grandi, et dans ta tête tu es né homme dans un corps de femme. T’as pas choisi. C’est juste comme ça, c’est la vie qui parfois se plante.

Je t’aime.
Mais je ne m’aime pas.

T’as pas choisi d’être en fauteuil roulant, de t’appuyer sur des béquilles pour avancer. T’as pas choisi d’être dans ta bulle, de pas comprendre quand on te parle. T’as pas choisi d’être une femme dans un monde patriarcal dont le site du gouvernement t’explique comment ne pas te faire violer. T’as pas choisi d’être dans un monde où la jupe t’identifie comme pute à baiser avec ou sans ton consentement. T’as pas choisi d’être une victime potentielle, la peur au ventre quand tu te ballades dans les rues de ta ville. T’as pas choisi d’être traité de folle parce que tu es plus féminin que tes congénères hommes. T’as pas choisi d’être traité de pédophile par des connards qui confondent homosexualité et pédophilie.

Je ne t’aime pas.

Parce que je ne peux pas aimer. Je n’aime pas. J’ai peur d’aimer, de m’attacher, de ressentir, alors je fuis. J’ai pas vraiment choisi, mon cœur se barricade tout seul, comme un grand. C’est comme ça.

J’aime ça.

Je ne sais pas comment j’ai découvert ça. Une jolie paire d’escarpins, qui n’aime pas ça ? Et les pieds qui sont dedans, la cambrure, la perfection d’une pédicure… J’aime quand il me fait mal, parce qu’il sait doser, parce que j’aime m’abandonner. J’aime quand il se soumet, que je semble être tout pour lui, que je lis dans ses yeux la confiance totale qu’il a en moi…

On ne choisit pas d’être homo, bi, hétéro, trans, philophobe, pansexuel, fétichiste, SM, handicapé, noir, blanc, femme, homme… On ne choisit pas de qui on tombe amoureux.
On peut refouler tout ce qu’on veut parce que c’est « anormal », ça ne change rien.

J’ai juste envie de passer un petit coup de gueule.

Déjà contre ceux qui me parlent de choix, alors que non, on ne choisit pas. Tente de vivre comme un transexuel pendant 24h tu vas voir si ça se choisi! et pire encore, si dans notre société c’est super tendance et facile à vivre !

Mais aussi contre les « friendly », ceux qui se découvrent des tendances tous les matins, bicôz c’est hype t’as vu. J’en peux plus. « J’ai envie d’essayer avec une fille, parce que j’ai lu ça dans Débile Magazine ». Bordel, ça me rend dingue. A part ridiculiser les autres et vous-même, vous êtes complètement inutiles. C’est pas hype d’être homo sous prétexte que le mariage pour tous vient de passer, c’est pas in d’être bi sous prétexte qu’on a trop de choix de baiser qui on veut, c’est pas génial d’être philophobe (parce qu’on a réellement peur d’aimer quelqu’un) juste pour faire genre j’ai trop un cœur de pierre moi, c’est pas top d’être fétichiste ou SM, parce que comment tu l’abordes ça hein, et comment tu le vis quand l’autre ne veut pas, n’apprécie pas, quand le monde te voit comme déviant, sale, immoral.

Je craque un peu, j’avoue. Mais ces gens-là, c’est aux autres qu’ils font du mal. Parce que « Oh Machine est bi, elle galoche toutes les nanas en soirée quand elle est bourrée », et voilà comment on est perçue des autres : une connasse qui roule des pelles en soirée quand elle a trop bu.

On choisit pas d’être différent, d’aimer différemment.
Par contre on choisit d’être un gros con. On choisit d’être intolérant. On choisit d’être fermé dans sa petite vie, dans son petit monde et de vivre avec des œillères.

Alors aujourd’hui, je vous propose de choisir d’être qui vous voulez être réellement, de ne pas tenir compte des jugements de tous ces connards, et si vous êtes dans la catégorie des connards en question, choisissez de penser par vous-même, de réfléchir, de vous questionner, choisissez d’aimer votre prochain au lieu de lui cracher à la gueule parce que vous ne le comprenez pas.

Des bises,
Mya0u

couple bi

 

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